À la découverte de la programmation du Festival d'Aix-en-Provence 2020 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

WOZZECK

 

Wozzeck rase son capitaine. Wozzeck sert de cobaye à un docteur. Wozzeck court toujours, il n’a jamais le temps. Le brave soldat Wozzeck a aussi une compagne qui s’appelle Marie. Et un enfant d’elle, né hors des liens du mariage. Mais on dit que Marie trompe Wozzeck avec le tambour-major… Sur un canevas sans âge, bien qu’inspiré d’un sanglant fait-divers, Georg Büchner tressa une pièce inachevée, suite de scènes sans ordre définitif qui font du soldat Woyzeck l’emblème des pauvres gens, méprisés et trouvant refuge dans une folie aux confins de la poésie. À l’aube du XXe siècle, Alban Berg renomme Woyzeck en Wozzeck pour faire de ce drame un coup-de-poing. D’une vertigineuse perfection formelle, d’un lyrisme presque insoutenable, son opéra est devenu classique. Le voici magnifié par Sir Simon Rattle à la tête du London Symphony Orchestra, et rendu à sa poignante universalité par l’homme-théâtre Simon McBurney ainsi que par un artiste-poète né pour chanter ce rôle : Christian Gerhaher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COSÌ FAN TUTTE

 

Immoral et invraisemblable. Tels sont les défauts qu’on a longtemps reprochés à Così fan tutte de Mozart. C’est qu’il est difficile de croire à ce pari entre trois hommes désireux de tenter une expérience à base de déguisements et de tromperies afin de connaître la nature des femmes : constantes ou infidèles ? De cette comédie qui regarde vers Marivaux, Mozart a fait un chef-d’œuvre d’ambivalence, de sensualité et d’humanité. Car la démonstration bientôt déraille et ne laisse indemne aucun des personnages. Au diapason du compositeur et de son librettiste, le metteur en scène Dmitri Tcherniakov pousse la logique de ce jeu de l’amour et du hasard jusqu’à ses extrémités : cette expérience tentée par des couples d’âge mûr dans un implacable huis clos promet les plus belles empoignades, les plus brûlantes embrassades, les plus puissantes émotions. D’autant qu’un grand chef mozartien fait ses débuts aixois pour l’occasion : Thomas Hengelbrock, à la tête du Balthasar Neumann Ensemble.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE COQ D'OR

 

« Kiriki, kirikoukou ! Tu peux dormir en paix ! » De cet appel claironnant, un coq d’or fourni par un astrologue-magicien tranquillise le roi Dodon : les frontières de son royaume ne sont pas menacées. « Kiriki kirikoukou ! Prends garde, réveille-toi ! » Voici que l’oiseau annonce un envahisseur, obligeant le souverain à partir en guerre… pour mieux tomber dans les bras d’une séduisante étrangère. Reprenant la donnée ironique d’un conte imaginé par Pouchkine, Rimski-Korsakov calibre son dernier opéra comme une satire décochée contre le régime tsariste. Il le fait en déployant tout le faste d’un orchestre scintillant, de chœurs roboratifs, de mélodies entêtantes et d’harmonies exotiques. Quant au metteur en scène Barrie Kosky, il trouve dans cette fascinante fable le souvenir de Shakespeare et le pressentiment du théâtre de l’absurde, pour un spectacle aux allures de parade fantasque, divertissant jusqu’au désespoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE COURONNEMENT DE POPPÉE

 

Impératrice à la place de l’impératrice ! Pour y parvenir, la courtisane Poppée ne recule devant aucun artifice. Maîtresse de l’empereur Néron, elle s’efforce d’écarter tous les obstacles qui jonchent l’accès au trône. Au prix d’une rupture avec son amant Othon, du suicide commandé du philosophe Sénèque et de la répudiation de l’impératrice Octavie, elle parvient à ses fins : Poppée épouse Néron. Et ce qui aurait pu n’être qu’un triomphe de l’amoralité devient, par la musique de Monteverdi, un hymne au désir tout puissant, une exaltation de l’humain enferré dans ses contradictions. Le dernier opéra du vieux maître est aussi le premier chef-d’œuvre du genre, d’une modernité inentamée malgré ses quatre siècles. Le voici vif comme au premier jour, porté par une jeune troupe que guident le maestro-claveciniste Leonardo García Alarcón et le metteur en scène Ted Huffman.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

INNOCENCE

 

Dans la Finlande d’aujourd’hui, un mariage comme il y en a tant d'autres en nos villes cosmopolites. Le fiancé est finlandais, la mariée est roumaine, la belle-mère française. Mais voilà qu’au cours du banquet, la serveuse tchèque se sent mal. C’est que, dix ans plus tôt, une tragédie a touché ces personnages. Les fantômes ravivent alors le souvenir d’un drame collectif, la culpabilité diffuse, l’innocence perdue. Le nouvel opéra de Kaija Saariaho est l’occasion d’une rencontre inédite entre la grande compositrice et une autre artiste finlandaise, la romancière Sofi Oksanen, qui n’a pas son pareil pour confronter notre aujourd’hui avec les ombres du passé. Innocence, leur vaste drame choral pour solistes, chœur et orchestre, est une tragédie contemporaine rendue incandescente par une musique puissante et des mots qui brassent les langues du monde. Avec cette création mondiale dirigée par la cheffe finlandaise Susanna Mälkki et mise en scène par l’Australien Simon Stone, le Festival d’Aix écrit une nouvelle page de l’histoire de l’opéra.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'ORFEO

 

Aux sources de l’opéra, il y a l’histoire d’Orphée qui descend aux Enfers pour aller y chercher sa femme trop tôt disparue et la ramener par la seule force de son chant. Claudio Monteverdi, figure tutélaire de l’art lyrique, en a tiré un chef-d’œuvre absolu, dont les chœurs bucoliques, les chants virtuoses et les lamentations à faire pleurer les pierres continuent d’émouvoir. Avec cette « fable en musique » écrite en 1607 pour la cour du Duc de Mantoue, le maître de Crémone écrivait le premier chef-d’œuvre d’un genre alors balbutiant, aujourd’hui quadricentenaire : un opéra qui n’a pas pris une ride. Et comme pour mettre en perspective Le Couronnement de Poppée, dernier ouvrage lyrique de Monteverdi représenté au Théâtre du Jeu de Paume, Leonardo García Alarcón et sa troupe donnent à entendre ce premier opéra dans une version de concert mise en espace.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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© Christian Dresse

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