Ambroisine Bré et Guilhem Worms aux Invalides : une exquise heure de musique…

 

Concert du jeudi 21 novembre, Cathédrale Saint-Louis des Invalides

 

PROGRAMME

Bach : « Wachet auf », BWV 140 ; Haendel : « Lascia ch'io pianga » (Rinaldo) ; Gounod : « Vous qui faites l'endormie » (Faust) ; Bizet : Adieux de l'hôtesse arabe ; Schubert-Liszt : Marguerite au rouet ; Schubert : Ständchen ; Albéniz : Asturias ; Falla : Chansons populaires ; Ginastera : La Canción al árbol del olvido ; Tchaïkovski : Mélodie ; Strauss : Morgen !; Mendelssohn : Chant du gondolier vénitien ; Weber : « Schweig ! » (Der Freischütz) ; Mozart : « La ci darem la mano » (Don Giovanni) ; Wagner-Liszt : Mort d'Isolde ; Lehar : « Heure exquise » (La Veuve joyeuse)

 

DISTRIBUTION

Ambroisine Bré, mezzo-soprano
Guilhem Worms, baryton-basse
Thibaut Garcia, guitare
Théo Fouchenneret, piano

Régis Pasquier, violon

 

 

 

La Cathédrale Saint-Louis des Invalides accueillait jeudi soir le concert des Révélations des Victoires de la Musique classique 2019. S’y sont produits la mezzo Ambroisine Bré, le baryton-basse Guilhem Worms, le guitariste Thibaut Garcia et le pianiste Théo Fouchenneret, dans un programme très bigarré faisant alterner pièces vocales et pièces purement instrumentales.

 

L’impression générale qui se dégage du concert est celle d’une belle complicité entre les artistes, aucun d’entre eux n’essayant de tirer la couverture à lui : les instrumentistes, notamment, ne sont pas réduits au seul rôle d’accompagnateurs. Ils interviennent également en tant que solistes (interprétations virtuoses et pleines de flamme des extraits des Siete canciones populares españolas de Manuel de Falla ou de la Canción al árbol del olvido d’Alberto Ginastera par Thibaut Garcia ; une Marguerite au rouet ou une mort d’Isolde – dans les transcriptions de Liszt – passionnées et impressionnantes d’engagement de la part de Théo Fouchenneret) ; et lorsqu’ils jouent avec les chanteurs, ce sont de véritables échanges  musicaux qui se mettent en place, le piano, la guitare et les voix intervenant même parfois tous ensemble pour un dialogue on ne peut plus séduisant (Faust de Gounod, Ständchen de Schubert, « La ci darem » de Don Giovanni).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

première fois cet air redoutable) que dans le discret lyrisme schubertien (Ständchen) ou la tendre mélancolie de Mon génie, mon ange, mon amie (Tchaïkovski) – deux pièces dans lesquelles la ligne de chant du baryton-basse est apparue extrêmement soignée.

 

Le concert s’est clos sur l’ « Heure exquise » de La Veuve Joyeuse, pour laquelle Régis Pasquier et son violon ont joué les guest stars !

 

Pour retrouver Ambroisine Bré, rendez-vous à Versailles le 10 décembre prochain (elle chantera dans Isis de Lully avec les Talens Lyriques), puis à Tourcoing pour L’Étoile de Chabrier (le 07 février) et Strasbourg pour Cosi (3 mai). Guilhem Worms, qui vient de remporter un très grand succès en Leporello à Saint-Étienne, sera pour sa part à Tours pour Le Barbier de Séville, puis au Palais Garnier (26 février) pour Yvonne, princesse de Bourgogne (Boesmans), ou encore à la  Bayerische Staatsoper de Munich (26 juin) pour Castor et Pollux (Rameau).

 

 

Stéphane Lelièvre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

gallery/le docteur miracle 1 (c) michel slomka

© Christian Dresse

Guilhem Worms : Rossini, Le Barbier de Séville "La Calunnia è un venticello"

Guilhem Worms : Mozart, Don Giovanni

"Madamina"

Ambroisine Bré: Chabrier, L'Etoile 

"Je suis Lazuli"

Ambroisine Bré : Mozart, La Clémence de Titus "Parto"

gallery/ambroisine

Le « Lascia ch’io pianga » d’Ambroisine Bré est d’autant remarquable qu’il cueille la chanteuse à froid (c’est la première pièce vocale du concert) : la rondeur du timbre, le soin apporté au legato, les variations délicates et sobres confèrent à cette page célèbre toute l’émotion noble et discrète qui la caractérise. Les autres airs chantés par Ambroisine Bré permettront d’apprécier la clarté de sa diction, sa musicalité constante ainsi que des aigus limpides et étonnamment doux pour une voix de mezzo : ceux venant illuminer le Morgen ! de Richard Strauss, notamment, sont d’une grande poésie.

gallery/worms

Guilhem Worms, c’est une voix que l’on connaît bien maintenant (une voix au grain personnel, aux beaux graves chaleureux, à la projection facile), mais c’est aussi une personnalité, un art d’incarner les personnages par l’expression, l’attention portée aux mots, la physionomie. Un regard sombre suffit à « diaboliser » les interprétations de Méphisto ou du Kaspar de Weber, un sourire enjôleur à incarner le « Burlador de Sevilla ». Les morceaux retenus permettent de suggérer la diversité des talents vocaux du chanteur, tout autant à son aise dans les éclats de rire sarcastiques de Kaspar (sauf erreur, Guilhem Worms interprétait pour la