Avec Marlène Baleine, l’acceptation de soi et des autres ce n’est pas que pour les enfants

 

Cité de la Musique et de la Danse, Strasbourg, représentation du mercredi 8 janvier 2020

 

 

Théâtre musical pour enfants sur des pièces musicales de la Renaissance

Livret d’Anna Wenzel d’après le livre de Davide Calì et Sonja Bougaeva

 

Mise en scène Bérénice Collet

Décors, costumes Christophe Ouvrard

Lumières Louisa Mercier

Vidéo Christophe Waksmann

Traduction française Pascal Paul-Harang

 

Marlène Eugénie Joneau

L'amie Clara Guillon

Le professeur Jacob Scharfman

Danseur Florentin Poulain

 

Violon Clémence Schaming

Cornet à bouquin & flûtes à bec Liselotte Emery

Accordéon Marie-Andrée Joerger

La Chapelle Rhénane

 

Crédit Photo : Klara Beck 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec Marlène Baleine, l’Opéra National du Rhin questionne le harcèlement scolaire, la norme et l’acceptation de soi dans un spectacle musical poétique et émouvant.

 

Marlène est grosse, très grosse, trop grosse en tous cas pour ses camarades qui se moquent d’elle à la piscine et la traitent de baleine. « Marlène Baleine… Marlène Baleine…» Et Marlène a peur. Peur de plonger, peur du regard des autres, peur de se faire faire un vaccin, peur d’un homme étrange dans la rue. Mais c’est pourtant un autre, un homme, un adulte, son maître-nageur, qui va lui apporter une solution à la portée de tous. Et Marlène va devenir une « super-baleine ».

 

Marlène Baleine est une création destinée aux enfants, qui a pour origine l’album homonyme de Davide Calì et Sonja Bougaeva. Devenu rapidement un succès des librairies jeunesses, il est ici adapté et mis en musique par l'auteure allemande Anna Wenzel. Avec pudeur, intelligence et sans complaisance, ce spectacle musical traite du harcèlement scolaire, de la norme et l’acceptation de soi, des thématiques sociales ou sociétales que l’opéra jeune public aborde encore rarement aujourd’hui. Pas de grandes leçons de morale ici mais un regard juste, léger et non dénué d'humour sur des situations que tous les enfants peuvent rencontrer et quelques conseils simples et lumineux pour les petits mais aussi pour les grands.

 

La metteuse en scène Bérénice Collet signe avec Marlène Baleine un spectacle visuellement plein de surprises, à la rencontre de l’ancien et du moderne. Projections vidéo,  effets sonores et  machinerie de théâtre en bois peint se croisent pour le plus grand bonheur des spectateurs de tous âges avec une mention spéciale pour les magnifiques décors et costumes de Christophe Ouvrard. Rencontre étonnante également que celle du contexte contemporain de l'histoire avec la musique de la Renaissance. Aux premières notes, l’auditeur est surpris, voire interrogatif, et pourtant cela fonctionne parfaitement. Sur des formules musicales assez simples, le texte est constamment mis en valeur et reste compréhensible en toutes circonstances. Peut-être aurait-on pu souhaiter plus de variété de couleurs et d’intentions dans les reprises et répétitions. Une même remarque que l’on pourrait faire sur des textes parlés parfois monotones.

 

L’interprétation instrumentale des trois musiciennes de la Chapelle Rhénane, stylistiquement sans reproche, est rehaussée par une implication scénique de tous les instants. Quelle belle idée que de les avoir intégrées au spectacle en en faisant des personnages à part entière. De la musique ancienne en costumes de bain, voilà une chose qu’on ne voit pas si souvent !

 

Vocalement, on ne boude pas non plus notre plaisir. Les trois chanteurs, issus de l’Opéra Studio de l’OnR, ne sont déjà plus des talents en devenir. Scéniquement très à l’aise, tous font preuve d’une solidité vocale sans faille, signe d’une très belle préparation musicale. La soprano Clara Guillon est une amie piquante et juvénile à souhait. Jacob Scharman est un maître-nageur très convaincant, touchant par sa bienveillante simplicité et usant avec parcimonie des ressources de son baryton qu’on ressent capable de bien plus d’éclat et de vaillance que ne le lui permet ce répertoire. Eugénie Jauneau est quant à elle une Marlène émouvante, à la voix homogène sur toute la tessiture et à la diction parfaite. Elle trouve ici un rôle à la mesure de son jeune talent. Crédible du début à la fin dans ses doutes, ses peines et ses joies, voilà assurément une voix et une personnalité à suivre. Le danseur Florentin Poulain complète avec poésie cette jeune équipe d’artistes, chacune de ses interventions apportant douceur et humour à ce magnifique livre en images musicales.

 

Petits et grands accueillent chaleureusement les artistes de ce spectacle jeune public au message universel. Une réflexion sur l’acceptation de soi et des autres que chacun pourra entendre et comprendre selon son âge et ses expériences.  Assurément, Marlène Baleine, ce n’est pas que pour les enfants.

 

 

Romaric Hubert

 

 

Marlène Baleine, dernières représentations le 14 janvier à Strasbourg et les 25 et 26 janvier à Mulhouse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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© Christian Dresse

© Marc Ginot

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