Né à  Montluçon,  Messager fait ses études musicales à Paris, à la célèbre école Niedemeyer. Ses premières œuvres sont des ballets ou des ouvrages lyriques légers. La Fauvette du temple, créé au  théâtre des Folies-Dramatiques en 1885 et joué 150 fois, accroît sa notoriété, de même que son ballet Les Deux Pigeons, l’année suivante à l’Opéra de Paris. Il partagea sa carrière entre les activités de chef d’orchestre (à l’Opéra Comique de 1898 à 1903 – il créa Pellés et Mélisande dont il fut un ardent défenseur –, à Covent Garden de 1901 à 1907, à la Société des Concerts du Conservatoire à partir de 1908), de directeur de théâtre (il co-dirige l’Opéra de Paris de 1907 à 1913) et de compositeur. Il est notamment l’auteur de La Basoche (1890), Madame Chrysanthème (1893), Les P’tites Michu (1897), Véronique (1898), Fortunio (1907), Monsieur Beaucaire (1919), Passionnément (1926) et Coup de roulis (1928).

Gaston Arman de Caillavet est resté célèbre pour ses amitiés littéraires : avec Anatole France, mais aussi Marcel Proust, qui s’inspira de lui pour le personnage  de Robert de Saint-Loup d’À la recherche du temps perdu.

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Robert de Flers est un dramaturge et librettiste français. Comme Gaston Arman de Caillavet, il est l’ami de Marcel Proust dont il fait la connaissance au lycée Condorcet. Il est l’époux de Geneviève Sardou, la fille de Victorien Sardou. Il est élu le 3 juin 1920 à l’Académie française. Il écrit avec Francis de Croisset le livret de Ciboulette (musique de Reynaldo Hahn), qui sera créée en 1923.

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Fernand Francell dans le rôle de Fortunio

Et M. Messager, aurait-il lui, par hasard, trahi le maître poète ? Non, rassurez-vous, il n’en est rien, et d’ailleurs vous ne le supposiez pas un instant. En vérité, elle est tout grâce et tout charme, sa partition de Fortunio, et j’ai dans l’idée que son succès sera brillant et prolongé. Elle nous repose tant de ces musiques prétentieuses et vides, ambitieuses et nulles, toutes gonflées et bouffies d’orgueil, qu’on nous inflige et dont on nous afflige sans pitié depuis tant d’années, en dépit de l’indifférence que lui témoigne le public et du tort qu’elles font à l’art lui-même ! Cette fois nous avons, comme me le disait en sortant un confrère, une musique  « de bonne humeur », une musique claire, franche, compréhensible, accessible à tous, bien française, et, je vous assure, aussi soignée, aussi « écrite » que celle de ces messieurs, mais sans pédantisme et sans nous offrir des logogriphes à déchiffrer et à deviner. Je certifie que M. Messager sait l’harmonie, j’affirme qu’il connaît tous les procédés de modulation, j’atteste qu’il n’ignore pas la façon d’employer les divers instruments de l’orchestre pour en tirer les meilleurs effets, les plus piquants et les plus variés ; mais il n’a pas besoin pour prouver tout cela de chercher midi à quatorze heures et d’envelopper sa partition d’un brouillard tellement opaque qu’on n’y voit goutte et qu’on ne s’y reconnaît plus.

Arthur Pougin

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Julien Behr, Fortunio :

"J'aimais la vieille maison grise"

Clavaroche

Eh bien ! ma chère, écoutez-moi, je vais vous dire mes principes. Quand on rencontre sur sa route l’espèce de bête malfaisante qui s’appelle un mari jaloux…

 

Jacqueline

Ah ! Clavaroche, par égard pour moi !

 

Clavaroche

Je vous ai choquée ?

Il l’embrasse.

 

Jacqueline

Au moins parlez plus bas.

 

Clavaroche

Il y a trois moyens certains d’éviter tout inconvénient. Le premier, c’est de se quitter. Mais celui-là, nous n’en voulons guère

 

Jacqueline

Vous me ferez mourir de peur.

 

Clavaroche

Le second, le meilleur incontestablement, c’est de n’y pas prendre garde, et au besoin…

 

Jacqueline

Eh bien ?

 

Clavaroche

Non, celui-là ne vaut rien non plus ; vous avez un mari de plume ; il faut garder l’épée au fourreau. Reste donc alors le troisième ; c’est de trouver un chandelier.

 

Jacqueline

Un chandelier ? Qu’est-ce que vous voulez dire ?

 

Clavaroche

Nous appelions ainsi, au régiment, un grand garçon de bonne mine qui est chargé de porter un châle ou un parapluie au besoin ; qui, lorsqu’une femme se lève pour danser, va gravement s’asseoir sur sa chaise et la suit dans la foule d’un œil mélancolique, en jouant avec son éventail ; qui lui donne la main pour sortir de sa loge, et pose avec fierté sur la console voisine le verre où elle vient de boire [; l’accompagne à la promenade, lui fait la lecture le soir ; bourdonne sans cesse autour d’elle, assiège son oreille d’une pluie de fadaises]. Admire-t-on la dame, il se rengorge, et si on l’insulte, il se bat. Un coussin manque à la causeuse, c’est lui qui court, se précipite, et va le chercher là où il est ; car il connaît la maison et les êtres, il fait partie du mobilier, et traverse les corridors sans lumière. [Il joue le soir avec les tantes au reversi et au piquet. Comme il circonvient le mari, en politique habile et empressé, il s’est bientôt fait prendre en grippe.] Y a-t-il fête quelque part, où la belle ait envie d’aller ? il s’est rasé au point du jour, il est depuis midi sur la place ou sur la chaussée, et il a marqué des chaises avec ses gants. Demandez-lui pourquoi il s’est fait ombre, il n’en sait rien et n’en peut rien dire. Ce n’est pas que parfois la dame ne l’encourage d’un sourire, et ne lui abandonne en valsant le bout de ses doigts, qu’il serre avec amour ; il est comme ces grands seigneurs qui ont une charge honoraire et les entrées aux jours de galas ; mais le cabinet leur est clos ; ce ne sont pas leurs affaires. En un mot, sa faveur expire là où commencent les véritables ; il a tout ce qu’on voit des femmes, et rien de ce qu’on en désire. Derrière ce mannequin commode se cache le mystère heureux ; il sert de paravent à tout ce qui se passe sous le manteau de la cheminée. Si le mari est jaloux, c’est de lui ; tient-on des propos ? c’est sur son compte ; [c’est lui qu’on mettra à la porte un beau matin que les valets auront entendu marcher la nuit dans l’appartement de madame ; c’est lui qu’on épie en secret ; ses lettres, pleines de respect et de tendresse, sont décachetées par la belle-mère ;] il va, il vient, il s’inquiète, on le laisse ramer, c’est son œuvre, moyennant quoi, l’amant discret et la très innocente amie, couverts d’un voile impénétrable, se rient de lui et des curieux.

Musset, Le Chandelier, Acte I scène 2

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Clavaroche

Maintenant donc, chantez, s’il vous plaît ; nous écoutons de toutes nos oreilles.

 

Fortunio

Je n’ose devant des connaisseurs. Je ne sais pas de chanson de table.

 

Clavaroche

Puisque madame l’a ordonné, vous ne pouvez vous en dispenser.

 

Fortunio

Je ferai donc comme je pourrai.

 

Clavaroche

N’avez-vous pas encore, monsieur Fortunio, adressé de vers à madame ? Voyez, l’occasion se présente.

 

Maître André

Silence, silence ! Laissez-le chanter.

 

Clavaroche

Une chanson d’amour surtout, n’est-il pas vrai, monsieur Fortunio ? Pas autre chose, je vous en conjure. Madame, priez-le, s’il vous plaît, qu’il nous chante une chanson d’amour. On ne saurait vivre sans cela.

 

Jacqueline

Je vous en prie, Fortunio.

Fortunio, chante.

 

Si vous croyez que je vais dire
Qui j’ose aimer,
Je ne saurais pour un empire
Vous la nommer.

Nous allons chanter à la ronde,
Si vous voulez,
Que je l’adore, et qu’elle est blonde
Comme les blés.

Je fais ce que sa fantaisie
Veut m’ordonner,
Et je puis, s’il lui faut ma vie,
La lui donner.

Du mal qu’une amour ignorée
Nous fait souffrir,
J’en porte l’âme déchirée
Jusqu’à mourir.

Mais j’aime trop pour que je die
Qui j’ose aimer,
Et je veux mourir pour ma mie,
Sans la nommer.

 

Maître André

En vérité, le petit gaillard est amoureux comme il le dit ; il en a les larmes aux yeux. Allons ! garçon, bois pour te remettre. C’est quelque grisette de la ville qui t’aura fait ce méchant cadeau-là.

 

Musset, Le Chandelier, Acte II scène 3

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gallery/fortunio - le chandelier

Eugène Lami, illustration pour Le Chandelier d'Alfred de Musset (1883)

Fortunio : "Si vous croyez que je vais dire..." (Michel Sénéchal)

En savoir plus...

 

Cette "chanson" avait déjà été mise en musique par Offenbach en 1850 pour une reprise du Chandelier de Musset à la Comédie-Française en 1850. Le musicien l'intégra par la suite dans son recueil Les Voix mystérieuses (1853), puis dans un opéra-comique en un acte, La Chanson de Fortunio, créé en 1861 aux Bouffes-Parisiens.

Offenbach, La Chanson de Fortunio: "Si vous croyez que je vais dire..." (Paul Trépanier)

Messager, Fortunio, "Lorsque je n'étais une enfant" (Patricia Petibon)

La mélodie fuse sans cesse [dans cette œuvre], alerte, nombreuse ; elle décèle une recherche savante sans qu'il y apparaisse ; rien de vulgaire n'y détonne ; et un sentiment très tendre y affleure délicatement.

Il y a là plus de sourire que de rire : le rire est toujours un peu grossier ; le sourire est la lueur des âmes sceptiques et indulgentes. L'art de M. Messager sourit élégamment. Il se fonde sur une méthode robuste, rebelle aux complications contrapuntiques, et qui sait tout ce que peuvent et, aussi, ce que ne peuvent pas les chanteurs : d'où une écriture excellente pour la voix, laquelle est laissée bien à découvert par l'orchestre : mérite de plus en plus rare. Cet orchestre est d'une trame solide : il est éclatant sans se forcer jamais jusqu'au bruit ; il abonde en trouvailles. Et c'est vraiment très bien de donner à tant de science tant d'apparente simplicité. 

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Messager, FORTUNIO (1907)

 

 

Le compositeur                

André Messager (1853-1929)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les librettistes

Gaston Arman de Caillavet (1869-1915) et Robert de Flers (1872-1927)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De 1901 à 1915, Gaston Arman de Caillavet et Robert de Flers rédigent ensemble de nombreux livrets d’opérettes, notamment pour Claude Terrasse : Les Travaux d’Hercule (1913), Chonchette (1902), Le Sire de Vergy (1903), Monsieur de la Palisse (1913) ; André Messager : Fortunio (1907), Béatrice (d’après Nodier, 1914) ; ou encore Alfred Bruneau : Le Jardin du Paradis (d’après Andersen , 1923).

 

La création 

L’œuvre est créée avec succès à l’Opéra-Comique le 5 juin 1907. Les principaux interprètes sont Lucien Fugère (Maître André), Marguerite Carré (Jacqueline), Fernand Francell (Fortunio). L’œuvre, comportant initialement 5 actes, rencontre le succès. Messager la réduit cependant à 4 actes, et c’est sous cette forme qu’elle sera très régulièrement reprise pendant toute la première moitié du XXe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait de la critique de la première représentation dans Le Ménestrel du samedi 8 juin 1907 :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’intrigue

Le livret est tiré du Chandelier de Musset, comédie parue en 1835 et représentée pour la pemière fois en 1848.

 

Acte I

 

Maître André, notaire, a pour épouse la jeune Jacqueline et pour clerc Landry. Le jeune cousin de celui-ci, Fortunio, doit venir également travailler chez Maître André ; c’est du moins la volonté de son oncle, même si ce projet ne semble pas enchanter le jeune homme. Au sortir de l’église, Jacqueline se fait courtiser par le Capitaine Clavaroche. Comme la jeune femme ne répond pas à ses avances, Clavaroche entreprend de gagner la confiance de Maître André afin de pouvoir approcher Jacqueline plus facilement. Fortunio, ébloui par la beauté de Jacqueline, accepte la perspective de devenir clerc de notaire…

 

Acte II 

 

Maître André, au lever du soleil, se rend dans la chambre de sa femme : un de ses clercs aurait vu un homme entrer dans sa chambre par la fenêtre. Jacqueline dément avec fermeté. Une fois Maître André sorti, Clavaroche sort de l’armoire dans laquelle il s’était caché. Maître André étant trop soupçonneux, pour détourner son attention, les deux amants décident de prendre un « chandelier », c’est-à-dire de donner à Jacqueline un soupirant officiel, sur lequel se focaliseront les soupçons de son mari. Ce « chandelier » sera précisément… Fortunio. Elle s’entretient avec le jeune homme, qu’elle trouve charmant dans sa simplicité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jacqueline attache Fortunio à son service. Il promet de la servir et de lui obéir en tout point.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Acte III

 

Clavaroche peut maintenant voir Jacqueline en toute tranquillité. Il est même invité à dîner chez Maître André, et c’est précisément lors d’un de ces dîners que Fortunio chante la fameuse « chanson » dans laquelle il déclare « ne pas oser dire qui [il] ose aimer… Jacqueline est touchée par l’amour naïf et sincère du jeune homme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maître André, toujours soupçonneux,  a décidé de placer cette nuit-même des hommes armés en embuscade sous la fenêtre de sa femme afin de faire capturer son amant. Mais Clavaroche explique à Jacqueline qu'il va utiliser ce piège au détriment de Fortunio : il enverra un billet au jeune clerc, lui donnant rendez-vous chez Jacqueline afin qu'il se fasse surprendre par les hommes de Maître André. Fortunio, qui a surpris cette conversation, est désespéré : non seulement il comprend que Clavaroche et Jacqueline ont une liaison, mais il saisit surtout le rôle qu'on lui a fait jouer.

 

 

ACTE IV

 

Jacqueline regrette de ne pas avoir déclaré son amour à Fortunio, qu’elle aime sincèrement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De fait, Fortunio est persuadé que son amour n’est pas partagé. Il décide de se jeter lui-même dans le piège qu'on lui tend. Jacqueline lui avoue alors qu’il est le seul qu’elle aime vraiment. Arrive Maître André, accompagné de Clavaroche. Fortunio se cache (dans l’alcôve et non dans l’armoire qu’avait utilisée Clavaroche au premier acte !) Le notaire présente ses excuses à sa femme, aucun homme n’ayant tenté de pénétrer dans la chambre de celle-ci au cours de la nuit. Après que Clavaroche a vérifié que personne ne s’est caché dans l’armoire, les deux hommes prennent congé de Jacqueline, laquelle leur tend un chandelier pour éclairer leur chemin… et reste seule avec Fortunio.

 

 

La partition

Dans son analyse du Larousse Mensuel Illustré (octobre 1907), Arthur Pougin décrit ainsi la musique de Messager :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La première caractéristique de l’œuvre est sans doute une grande légèreté de touche. Orchestration raffinée, effets mesurés : de la musique émane une émotion discrète portée par des lignes mélodiques étonnamment libres, semblant épouser les mouvements de l’âme, les sentiments des personnages et la fluidité de leur langage. L’œuvre se présente comme une comédie ou une conversation en musique, sans numéros vraiment isolables, même si certaines pages saillantes se distinguent nettement du reste de l'œuvre par l'émotion qu'elles dégagent. C'est surtout vrai des scènes dévolues à Fortunio ou Jacqueline qui, bien que l'oeuvre ressortisse au domaine de la comédie, rappellent à plus d'une reprise le couple Werther/Charlotte illustré musicalement par Massenet qyinze ans très exactement avant la création de l'oeuvre de Messager. Le quasi évanouissement de Fortunio  lorsqu’il comprend que Jacqueline l’aime, n’évoque-t-il pas l’éblouissement qui saisit Werther devant Charlotte pendant le « Clair de lune » ?  Les refus de moins en moins convaincus de Jacqueline devant l’empressement du jeune clerc (Acte III, scène 6 : « Non ! non ! Ne me parlez pas ainsi ! » ) ne rappellent-ils pas ceux de Charlotte après le lied d’Ossian ? (« Ah ! taisez-vous… Je vous implore ! ») L’exclamation de Fortunio à la fin du troisième acte (« Juste Ciel, il est son amant ! ») ne sonne-t-il pas comme un écho au cri de Werther : « Un autre, son époux ! » ? Et la belle scène de Jacqueline qui ouvre l'acte IV ("Je ne vois rien... Tout est sombre."), de par sa situation dans l'oeuvre, une certaine gravité dans le ton, les émotions vécues par le personnage (une jeune femme n'aimant pas son époux et regrettant de n'avoir su "choisir l'amour le mieux aimant, / Le plus noble et le plus charmant, / Et la plus pure des tendresses..."), juste avant le retour de Fortunio désespéré, évoque bien sûr la première scène du troisième acte de l'opéra de Massenet.

 

 

Pour écouter l’œuvre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dossier réalisé par Stéphane Lelièvre

 

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John Eliot Gardiner (dir.), Thierry Dran, Colette Alliot-Lugaz, Gilles Cachemaille, Michel Trempont, orchestre et choeurs de l'Opéra de Lyon (Erato, enreg. 1987)

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Né à  Montluçon,  Messager fait ses études musicales à Paris, à la célèbre école Niedemeyer. Ses premières œuvres sont des ballets ou des ouvrages lyriques légers. La Fauvette du temple, créée au  théâtre des Folies-Dramatiques en 1885 et joué 150 fois, accroît sa notoriété, de même que son ballet Les Deux Pigeons, l’année suivante à l’Opéra de Paris. Il partagea sa carrière entre les activités de chef d’orchestre (à l’Opéra Comique de 1898 à 1903 – il créa Pelléas et Mélisande dont il fut un ardent défenseur –, à Covent Garden de 1901 à 1907, à la Société des Concerts du Conservatoire à partir de 1908), de directeur de théâtre (il co-dirige l’Opéra de Paris de 1907 à 1913) et de compositeur. Il est notamment l’auteur de La Basoche (1890), Madame Chrysanthème (1893), Les P’tites Michu (1897), Véronique (1898), Fortunio (1907), Monsieur Beaucaire (1919), Passionnément (1926) et Coup de roulis (1928).