Rossini, Le Barbier de Séville (1816)

 

Tours, Opéra, du 29 janvier au 02 février 2020

 

Le compositeur                

Gioacchino Rossini ((Pesaro, 1792 – Paris, 1868)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

inspecteur général du chant en France. Il compose plusieurs opéras pour la France (ou adapte d’anciens ouvrages italiens sur des livrets français) : Le Siège de Corinthe (1826) ;  Moïse et Pharaon (1827) ; Le Comte Ory (1828);  Guillaume Tell (1829). Après la Révolution de 1830, Rossini se détourne de l'opéra et ne composera plus que de la musique sacrée (le Stabat mater, dont la première version est créée en 1831 ; la Petite messe solennelle, 1863), des mélodies et quelques pages instrumentales. Il meurt à Paris,. Inhumé au Père Lachaise, son corps sera rapatrié en Italie quelques années plus tard et repose désormais à Florence (basilique Santa Croce).

 

 

 

Le librettiste

Cesare Sterbini (1784-1831)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La création – les différentes versions

C’est l’une des plus mouvementées de l’histoire de l’Opéra : l’œuvre, créée au Teatro di Torre Argentina à Rome  le 20 février 1816 (avec entre autres le grand Manuel Garcia, père de Maria Malibran et Pauline Viardot, en Almaviva) tomba, en raison d’une cabale mais aussi suite à une série d’incidents qui vinrent perturber la représentation : le costume couleur noisette porté par Rossini fut jugé ridicule, une corde de la guitare d’Almaviva se rompit pendant sa cavatine, un chat traversa la scène pendant la représentation, Basile fit une mauvaise chute et se blessa au nez,… Dès la deuxième représentation cependant, l’œuvre triomphait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’intrigue

Elle suit de très près celle de la pièce de Beaumarchais, créée à  la Comédie Française en 1775.

 

Acte I

À Séville. Le comte Almaviva est amoureux de Rosine, la pupille du docteur Bartholo. Il chante une sérénade sous les fenêtres de la jeune fille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrive le barbier Figaro, qui était autrefois domestique du Comte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figaro, qui occupe aujourd'hui, entre autres nombreuses charges, celle de barbier de Bartholo, propose au Comte de l’aider à libérer Rosine de l’emprise de Bartholo, qui, souhaitant lui aussi l’épouser, la tient enfermée comme un oiseau en cage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Afin d’être sûr d’être aimé pour lui-même, le Comte cache à Rosine sa véritable identité et se fait passer pour un certain Lindor. Figaro conseille au Comte de se présenter le lendemain chez Bartholo, déguisé en soldat, muni d'un billet de logement, et de paraître à moitié ivre afin de ne pas éveiller la méfiance du docteur.

 

Rosine, de son côté, est amoureuse de Lindor et est bien décidée à échapper à son tuteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Basile, le maître de musique de Rosine, avertit Bartholo que le Comte Almaviva est à Séville. Il propose cependant de le neutraliser en le calomniant auprès de la population :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il convient en tout cas de hâter le mariage de Batholo et de sa pupille : Basile et Bartholo s’éloignent pour rédiger le contrat de mariage. Figaro en profite pour voir Rosine : il lui affirme que « Lindor » est amoureux d’elle et l’encourage à écrire un billet à son intention. Lequel billet est en fait prêt, Rosine en ayant déjà écrit un ! Mais lorsque Bartholo revient, il remarque qu’il manque une feuille dans le carnet de Rosine et que le doigt de la jeune fille est taché d’encre : quelles explications Rosine peut-elle lui apporter ? Devant les justifications plus ou moins crédibles données par sa pupille, il perd patience et lui conseille de ne pas tenter de le tromper !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrive alors Almaviva déguisé en soldat ivre. Malheureusement, Bartholo possède un certificat qui le dispense d’héberger les militaires. Le ton monde au point que la garde surgit, alarmée par le vacarme que font Bartholo, Basile, Almaviva, Figaro, Rosine et la domestique Berta. Almaviva, à deux doigts de se faire arrêter, révèle discrètement son identité à la garde : il échappe ainsi à l’arrestation qui le menaçait. L’acte se termine dans la confusion générale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Acte II

Un certain Alonso (en fait, Almaviva, de nouveau déguisé), se présentant comme étant l'élève de Basile, demande à être reçu chez  Bartholo. Il vient donner à Rosine sa leçon de chant à la place de son maître, qu'il dit très malade. Mais Bartholo, échaudé par l’épisode du faux militaire, reste méfiant... Alonso/Almaviva présente alors à Bartholo le billet que Rosine a écrit au Comte et dont il est, dit-il, entré en possession par hasard. Il conseille à Bartholo d’utiliser ce billet contre Almaviva, en calomniant ce dernier auprès de Rosine : il suffira de faire croire à celle-ci que le Comte utilise ce billet comme un trophée pour se vanter de sa dernière conquête. Bartholo est alors persuadé que cet Alonso est bien l’élève de Basile, maître ès-calomnies !

 

Rosine refuse dans un premier temps de prendre sa leçon de musique, mais reconnaissant Lindor, elle change bien sûr d’avis. Les deux amants profitent de ce que Bartholo s’est endormi pendant la leçon pour échanger des mots d’amour. Quant à Figaro, venu faire la barbe de Batholo, il parvient à lui dérober la clé du balcon de Rosine. Mais catastrophe : apparaît Basile, censé être cloué au lit par la maladie ! Heureusement, une belle somme d’argent glissée dans sa main par le Comte le persuade de rentrer chez lui, sans chercher à comprendre pourquoi il est ainsi éconduit !

 

Cependant, Bartholo surprend des échanges un peu trop tendres entre Rosine et « Alonso » :  il met tout le monde à la porte, brandit devant Rosine le billet d’Almaviva et le calomnie, suivant ainsi le plan que le Comte lui avait lui-même suggéré. Rosine est désespérée et, de dépit, accepte d’épouser son tuteur.

 

Alors que Bartholo s’est retiré pour préparer la cérémonie, Figaro et le Comte pénètrent dans les appartement sde Rosine grâce à la clé volée par Figaro. « Lindor » révèle sa véritable identité à la jeune fille. Tous trois s’apprêtent à s’enfuir par l’échelle qui leur a permis d’accéder aux appartements, mais… cette échelle a été découverte et enlevée par Bartholo ! Basile et le notaire arrivent pour célébrer le mariage avec le contrat que les époux doivent signer. Ce seront finalement Rosine et le Comte qui signeront le contrat, Basile, moyennant toujours une belle somme d’argent, leur servant de témoin. Lorsque Bartholo arrive, le mariage est déjà célébré. Il proteste, mais le Comte lui conseille de se calmer et de ne pas susciter sa colère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bartholo  reconnaît que toutes les précautions qu’il a prises pour retenir Rosine auprès de lui se sont avérées inutiles.

 

 

 

 

 

 

 

 

La musique

Elle est absolument irrésistible de verve, d’entrain, de légèreté et d’efficacité dramatique. Toujours plus ou moins emprunte de classicisme (Mozart, parfois, n’est pas si loin, Cimarosa non plus bien sûr), elle fait alterner recitativi secchi et pezzi chiusi : airs, duos, trios, ou  ensembles. Cependant, elle possède déjà, également, certaines formes ou couleurs typiques du bel canto tel qu’il se développera pendant les premières décennies du XIXe siècle : tendresse et suavité de certaines mélodies (les deux sérénades du Comte : « Ecco ridente in cielo » et « Se il mio nome saper voi bramate »), cabalettes avec da capo comportant une ornementation (écrite ou laissée ad libitum) : « Io sono docile » de Rosine, « Ah, il piu' lieto, il piu' felice » d’Almaviva.)

 

L’œuvre comporte plusieurs pages parmi les plus célèbres de tout le répertoire d’opéra :

 

L’ouverture - déjà utilisée par Rossini pour Aureliano in Palmira (1813) et Elisabetta, regina d'Inghilterra (1815)

L’air d’Almaviva : « Ecco ridente in cielo »

La cavatine de Figaro  « Largo al factotum » 

La cavatine de Rosine « Una voce poco fa » 

L'air de Basile : « La calunnia è une venticello »

L’air de Bartholo : « A un dottore della mia sorte »

Le finale du premier acte : « Mi par d’esser con la testa »

Le dernier air du Comte : « Cessa di più resistere », qui deviendra quelques années plus tard le rondeau final de Cenerentola.

 

Pour voir et écouter l’œuvre

CD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DVD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

       

       

       

       

       

       

       

       


      La production de l'Opéra de Tours (29 et 31 janvier, 2 février 2020)

       

      Le metteur en scène

       

      LAURENT PELLY

      Laurent Pelly est un des metteurs en scène les plus actifs du moment, aussi bien au théâtre qu’à l’opéra.

      De 2008 à 2017, il a été codirecteur, avec Agathe Mélinand, du Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées (TNT).

      Les ouvrages lyriques qu’il a mis en scène appartiennent aux répertoires les plus divers. D’Offenbach : Orphée aux enfers, La Vie parisienne, La Belle Hélène, La Grande-Duchesse de Gérolstein, Les Contes d’Hoffmann, Le Roi Carotte, Barbe-Bleue, La Périchole ; de Rameau : Platée, Les Boréades ; de Strauss : Ariane à Naxos ; de Massenet : Cendrillon, Manon, Don Quichotte ; de Donizetti : La Fille du Régiment ; Lucia di Lammermoor, Viva la mamma ; de Verdi : La Traviata ; de Meyerbeer : Robert le Diable ; de Rossini : Le Barbier de Séville, Le Comte Ory.

      Il a travaillé dans les plus grands théâtres : Opéra de Paris, Opéra de Lyon, Théâtre du Châtelet, Royal Opera House, Wiener Staatsoper, Glyndebourne Festival, Teatro alla Scala, Metropolitan Opera,…

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      Le chef

       

      BENJAMIN PIONNIER

      Benjamin Pionnier a été l’assistant de nombreux chefs de renom, notamment James Levine au Metropolitan Opera de New York ainsi qu’au Carnegie Hall.

      Il interprète régulièrement le répertoire symphonique, et a notamment dirigé, dans ce cadre-là, l’Orchestre Philharmonique de Moscou, l'Orchestre Philharmonique de Nice, l'Orchestre National de Montpellier, l’Orchestre du Teatro Massimo Bellini de Catane, ou encore l’Orchestre de l’Opéra National de Lorraine.

      Mais il est aussi réputé en tant que chef de théâtre. Son répertoire est particulièrement éclectique puisqu’il comporte aussi bien des œuvres russes (Eugène Onéguine), allemandes (Capriccio, La Veuve Joyeuse, L’Enlèvement au sérail) qu’italiennes (L’Élixir d’amour, Le Barbier de Séville, Rigoletto) ou françaises (Carmen, Faust, La Fille du régiment, Les Fées du Rhin, Hamlet, Les Contes d’Hoffmann, Roméo et Juliette).

      Depuis fin 2015, il dirige l'Opéra de Tours et l'Orchestre Symphonique Région Centre Val-de-Loire.

       

      Les chanteurs

       

      GUILLAUME ANDRIEUX, baryton (Figaro)

       Guillaume Andrieux est diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.

      Son répertoire comprend notamment les rôles d’ Enée (Didon et Enée, Purcell), le Comte Almaviva (Le Nozze di Figaro, Mozart), l'Horloge et le Chat (L'Enfant et les Sortilèges, Ravel) Papageno (Die Zauberflöte, Mozart), Le Chanteur de Sérénade (Les Caprices de Marianne, Sauguet) Pelléas (Pelléas et Mélisande, Debussy) ou encore Mercutio (Roméo et Juliette, Gounod)

      Il s’est déjà produit au Festival d'Aix-en-Provence, salle Pleyel, ou dans les opéras de Metz, Reims, Marseille, Tours, Bordeaux, Rennes, Toulon, Saint-Étienne ou Dijon.

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      ANNA BONITATIBUS, mezzo-soprano (Rosine)

      Le répertoire d’Anna Boniatibus est particulièrement étendu puisqu’elle interprète aussi bien des ouvrages baroques (elle chante fréquemment Monteverdi, Cavalli, Haendel) que classiques  (de Mozart, elle a déjà interprété Le Nozze di Figaro, Don Giovanni, Così fan tutte, Mitridate Re di Ponto, Lucio Silla ou La Clemenza di Tito) ; des ouvrages du début du XIXe siècle (de Rossini : La Cenerentola, Il Barbiere di Siviglia, L’Italiana in Algeri, Le Comte Ory, Il Viaggio à Reims, Tancredi) que du XIXe plus tardif (Carmen Les Contes d’Hoffmann, Werther, Don Quichotte, le Requiem de Verdi).

      Elle s’est produite sous la direction des plus grands chefs (Sir Charles Mackerras, Riccardo Muti, Sir Antonio Pappano, René Jacobs, William Christie, Ivor Bolton, Myung Whun Chung ,…) et a été dirigée par de célèbres metteurs en scène, parmi lesquels Luca Ronconi, Pier Luigi Pizzi, Dario Fo, David McVicar, Sir Jonathan Miller, David Pountney,… Elle a par ailleurs fondé la maison d'éditions musicales Consonarte — Vox in Musica.

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      PATRICK KABONGO, ténor (Almaviva)

      Ténor français d’origine congolaise, Patrick Kabongo suit d’abord des études supérieures d’ingénieur tout en pratiquant le chant choral à Kinshasa. Il se rend ensuite en Belgique où il commence sa formation musicale. Il est, en 2011, lauréat du "Concours international de mélodie française" de Toulouse.

      Ses premiers pas dans le répertoire rossinien datent de 2012, année au cours de laquelle il chante Le Comte Ory sous la direction de Jean-Christophe Spinosi, avec qui il chantera également Elisabetta, Regina d'Inghilterra de Rossini. De Rossini, il a depuis chanté Lindoro dans L'Italiana in Algeri, Bertrando dans L'Inganno felice, Ermanno dans L'Equivoco stravagante, Eliézer dans Moïse et Pharaon, Agirio dans Tancredi. Hors Rossini, il a également interprété Saëb dans Barkouf, Nemorino dans L’Élixir d’amour ou Ernesto dans Don Pasquale. Il s’est déjà produit au festival de Bad Wildbad, au Théâtre des Champs-Élysées, à Florence, Palerme, Vicence, Metz ou Tours.

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      MICHELE GOVI, baryton (Bartholo)

      Michele Govi est originaire de Bari, ville dans laquelle il a effectué ses études musicales, au terme desquelles il a remporté plusieurs prix : concours Mercadante et Cilea, prix Ricciarelli,… Spécialiste du bel canto (il interprète très fréquemment les œuvres de Rossini ou Donizetti), il chante également Mozart (Così fan tutte, Le nozze di Figaro, Don Giovanni), Verdi (La Traviata, Falstaff, Giovanna d’Arco, Stiffelio, Luisa Miller, I Due Foscari), Puccini (La Bohème, Madama Butterfly) et certaines œuvres du XXe siècle, telles Le Chapeau de paille de Florence de Nino Rota, Le petit ramoneur de B. Britten, ou Carmina burana de C. Orff.

       Il s’est produit aux côtés d’artistes renommés tels Katia Ricciarelli, Renato Bruson, Luigi Alva, Leo Nucci, Paolo Montarsolo, Roberto Alagna ou Angela Gheorghiu.

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      GUILHEM WORMS, baryton-basse (Basile)

      Guilhem Worms est sans doute l’un des chanteurs français les plus prometteurs de la jeune génération. Ayant étudié le chant auprès de Pierre Mervant, Agnès Mellon  et Jean-Paul Fouchécourt au PESM de Dijon, il est également diplômé du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. 

      Au concert, on peut l’entendre aussi bien en récital que dans divers oratorios ou œuvre sacrées (Le Messie de Haendel avec Jean Claude Malgoire, La Passion selon St Jean ou La Passion selon St-Matthieu de J.S. Bach, le Requiem de Mozart, la Petite Messe solennelle de Rossini,…).

      À l’opéra, Guilhem Worms a déjà, entre autres rôles, interprété ceux de Basilio dans Le Barbier de Séville (Théâtre des Champs Elysées), Gottfried dans Les Fées du Rhin d’Offenbach (Opéra de Tours) ou encore Leporello dans Don Giovanni (Opéra de Saint-Etienne). 

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      Dossier réalisé par Stéphane Lelièvre

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      Rossini reçoit sa formation musicale à Bologne. Après quelques succès dans le genre bouffe (La Scala di seta, 1812 ; La Pietra del paragone, 1812 ; Il Signor Bruschino, 1813), il rencontre un véritable triomphe avec Tancrède, représenté à Venise en février 1813.  Cet opera seria ainsi que le dramma buffo Le Barbier de Séville, pourtant accueilli plus que froidement à sa création (Rome, 1816) feront de lui le compositeur italien le plus célèbre de son temps. Il continuera, au cours de sa carrière, de faire alterner des œuvres bouffes ou semiserie (L’Italienne à Alger, 1813 ; Le Turc en Italie, 1814 ; La Gazza ladra, 1817 ; La Cenerentola, 1817) avec (surtout) des ouvrages sérieux (Otello, 1816 ; Mosè in Egitto, 1818 ; Ermione, 1819 ; La Donna del lago, 1819 ; Semiramide, 1823). Il voyage à Vienne (où il rencontre Beethoven), à Londres puis à Paris où il est nommé directeur du Théâtre-Italien, compositeur du roi – il compose Le Voyage à Reims (1825) à l’occasion du sacre de Charles X – et

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      Cesare Sterbini est un écrivain et un librettiste italien. Très cultivé (il avait de solides bases de philosophie, de linguistique, et maîtrisait plusieurs langues anciennes et vivantes), il est resté célèbre pour avoir rédigé les livrets de deux ouvrages de Rossini : Torvaldo e Dorliska (1815) et Le Barbier de Séville (1815).

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      Rome, Le Teatro  Argentina

      Manuel Garcia dans le rôle d'Otello

      "Ecco ridente in cielo", par Alfredo Kraus 

      "Largo al factotum " par Hermann Prey

      "Una voce poco fa" par Maria Callas

      Air de la Calomnie, par Paolo Montarsolo

      "A un dottore della mia sorte", par Carlos Chausson

      Finale de l'Acte I (Jennifer Larmore, David Malis, Simone Alaimo, Renato Capecchi, dir. Alberto Zedda)

      "Cessa di più resistere" par Juan Diego Florez

      Le Comte, vivement.

       Il n’y a pas un moment à perdre ; il faut m’en faire aimer, et l’arracher à l’indigne engagement qu’on lui destine. Tu connais donc ce tuteur ?

       

      Figaro.

      Comme ma mère.

       

      Le Comte.

      Quel homme est-ce ?

       

      Figaro, vivement.

      C’est un beau gros, court, jeune vieillard, gris-pommelé, rusé, rasé, blasé, qui guette, et furète, et gronde, et geint tout à la fois.

       

      Le Comte, impatienté.

      Eh ! je l’ai vu. Son caractère ?

       

      Figaro.

      Brutal, avare, amoureux et jaloux à l’excès de sa pupille, qui le hait à la mort.

       

      Le Comte.

      Ainsi ses moyens de plaire sont…

       

      Figaro.

      Nuls.

       

      Le Comte.

      Tant mieux. Sa probité ?

       

      Figaro.

      Tout juste autant qu’il en faut pour n’être point pendu.

       

      Le Comte.

      Tant mieux. Punir un fripon en se rendant heureux…

       

      Figaro.

      C’est faire à la fois le bien public et particulier : chef-d’œuvre de morale, en vérité, monseigneur.

       

      Le Comte.

      Tu dis que la crainte des galants lui fait fermer sa porte ?

       

      Figaro.

      À tout le monde : s’il pouvait la calfeutrer…

       

      Le Comte.

      Ah ! diable, tant pis. Aurais-tu de l’accès chez lui ?

       

      Figaro.

      Si j’en ai ! Primo, la maison que j’occupe appartient au docteur, qui m’y loge gratis.

       

      Le Comte.

      Ah ! ah !

       

      Figaro.

      Oui. Et moi, en reconnaissance, je lui promets dix pistoles d’or par an, gratis aussi.

       

      Le Comte, impatienté.

      Tu es son locataire ?

       

      Figaro.

      De plus son barbier, son chirurgien, son apothicaire ; il ne se donne pas dans sa maison un coup de rasoir, de lancette ou de piston, qui ne soit de la main de votre serviteur.

       

      Le Comte l’embrasse.

      Ah ! Figaro, mon ami, tu seras mon ange, mon libérateur, mon dieu tutélaire.

       

      Figaro.

      Peste ! comme l’utilité vous a bientôt rapproché les distances ! Parlez-moi des gens passionnés !

       Beaumarchais, Le Barbier de Séville, Acte I Scène 4

      gallery/beaumarchais

      Basile.

      La calomnie, monsieur ! vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens près d’en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse !… D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et, rinforzando de bouche en bouche, il va le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil. Elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?

       Beaumarchais, Le Barbier de Séville, Acte I Scène 8

      gallery/beaumarchais

      Bartholo.

      Je voudrais bien savoir ce que ce barbier avait de si pressé à vous dire ?

       

      Rosine.

      Faut-il parler sérieusement ? Il m’a rendu compte de l’état de Marceline, qui même n’est pas trop bien, à ce qu’il dit.

       

      Bartholo.

      Vous rendre compte ! Je vais parier qu’il était chargé de vous remettre quelque lettre.

       

      Rosine.

      Et de qui, s’il vous plaît ?

       

      Bartholo.

      Oh ! de qui ? De quelqu’un que les femmes ne nomment jamais. Que sais-je, moi ? Peut-être la réponse au papier de la fenêtre.

       

      Rosine, à part.

      Il n’en a pas manqué une seule. (Haut.) Vous mériteriez bien que cela fût.

       

      Bartholo, regarde les mains de Rosine.

      Cela est. Vous avez écrit.

       

      Rosine, avec embarras.

      Il serait assez plaisant que vous eussiez le projet de m’en faire convenir.

       

      Bartholo, lui prenant la main droite.

      Moi ! point du tout ; mais votre doigt encore taché d’encre ! Hein, rusée signora !

       

      Rosine, à part.

      Maudit homme !

       

      Bartholo, lui tenant toujours la main.

      Une femme se croit bien en sûreté, parce qu’elle est seule.

       

      Rosine.

      Ah ! sans doute… La belle preuve !… Finissez donc, monsieur, vous me tordez le bras. Je me suis brûlée en chiffonnant autour de cette bougie ; et l’on m’a toujours dit qu’il fallait aussitôt tremper dans l’encre ; c’est ce que j’ai fait.

       

      Bartholo.

      C’est ce que vous avez fait ? Voyons donc si un second témoin confirmera la déposition du premier. C’est ce cahier de papier où je suis certain qu’il y avait six feuilles ; car je les compte tous les matins, aujourd’hui encore.

       

      Rosine, à part.

      Oh ! imbécile !…

       

      Bartholo, comptant.

      Trois, quatre, cinq…

       

      Rosine.

      La sixième…

       

      Bartholo.

      Je vois bien qu’elle n’y est pas, la sixième.

       

      Rosine, baissant les yeux.

      La sixième, je l’ai employée à faire un cornet pour des bonbons que j’ai envoyés à la petite Figaro.

       

      Bartholo.

      À la petite Figaro ? Et la plume qui était toute neuve, comment est-elle devenue noire ? Est-ce en écrivant l’adresse de la petite Figaro ?

       

      Rosine, à part.

      Cet homme a un instinct de jalousie !… (Haut.) Elle m’a servi à retracer une fleur effacée sur la veste que je vous brode au tambour.

       

      Bartholo.

      Que cela est édifiant ! Pour qu’on vous crût, mon enfant, il faudrait ne pas rougir en déguisant coup sur coup la vérité ; mais c’est ce que vous ne savez pas encore.

       

       Beaumarchais, Le Barbier de Séville, Acte I Scène 11

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      Bartholo, se désolant.

      Et moi qui leur ai enlevé l’échelle, pour que le mariage fût plus sûr ! Ah ! je me suis perdu faute de soins.

       

      Figaro.

      Faute de sens. Mais soyons vrais, docteur : quand la jeunesse et l’amour sont d’accord pour tromper un vieillard, tout ce qu’il fait pour l’empêcher peut bien s’appeler à bon droit la Précaution inutile.

      Beaumarchais, Le Barbier de Séville, Acte II, scène 8

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      Pietro Spagnoli, Joyce DiDonato, Juan Diego Florez, Alessandro Corbelli,

      Ferruccio Furlanetto. Royal Opera Chorus, orchestra of the Royal Opera House, dir. Antonio Pappano, mise en scène Moshe Leiseret Patrice Caurier. Virgin Classics

      (enr. 2009)

      Tito Gobbi, Maria Callas, Luigi Alva, Fritz Ollendorff, Nicola Zaccaria. 

      Philharmonia Orchestra and Chorus, dir. Alceo Galliera. Warner Classics (enr. 1957)

      Hermann Prey, Teresa Berganza, Luigi Alva, Enzo Dara,

      Paolo Montarsolo. London Symphony Orchestra, The Ambrosian Opera Chorus, dir. Claudio Abbado. DG (enr. 1972)

      Thomas Allen, Agnes Baltsa, Francisco Araiza, Domenico Trimarchi,

      Robert Lloyd. Academy of St Martin-in-the Fields, Ambrosian Opera Chorus,

      dir. Neville Marriner. Philipps (enr. 1982)

      Nathan Gunn, Elina Garanca, Lawrence Brownlee, Bruno de Simone, Roberto Accurso. Chor des Bayerischen Rundfunks, Münchner Rundfunkorchester,

      dir.  Miguel Gomez-Martinez. (enr. 2005)

      Hermann Prey, Teresa Berganza, Luigi Alva, Enzo Dara, Paolo Montarsolo.

      London Orchestra et choeurs de la Scala, dir. Claudio Abbado, mise en scène

      Jean-Pierre Ponnelle. DG (enr. 1972)

      Gino Quilico, Cecilia Bartoli, David Kuebler, Carlos Feller, Robert Lloyd. 

      Choir of the Cologne City Opera Stuttgart, Radio Symphony Orchestra, dir. Gabriele Ferro, mise en scène Michael Hampe. Arthaus Musik (enr. 1988)

      Manuel Lanza, Vesselina Kasarova, Reinaldo Macias, Carlos Chausson, Nicolai Ghiaurov.  Orchester & Chor Opernhaus Zurich, dir. Nello Santi, mise en scène  Grischa Asagaroff. EuroArts Music International (enr. 2001)

      Le Barbier selon Laurent Pelly

      Guillaume Andrieux, Elsa Dreisig, et Jérémy Duffau 

      interprètent Le barbier de Séville : "Ah ! Qual colpo inaspettato".

      Anna Bonitatibus : "Una voce poco fa"

      Patrick Kabongo, La Cenerentola

      Michele Govi chante Figaro

      L'air de Basilio (La calomnie) par Guilhem Worms