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DVOŘÁK, Rusalka - Opera Ballet Vlaanderen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Opéra en trois actes, livret de Jaroslav Kvapil, créée à Prague le 31 mars 1901

 

 

DISTRIBUTION :

 

Rusalka   Pumeza Matshikiza

Rusalka (danseuse)   Shelby Williams

Le Prince   Kyungho Kim

Le Prince (danseur)   Morgan Lugo

Vodník, l'esprit du lac   Goderdzi Janelidze

Vodník (danseur)   Matt Foley

Ježibaba, la sorcière   Maria Riccarda Wesseling

La princesse étrangère   Karen Vermeiren

Garde forestier   Daniel Arnaldos

Garçon de cuisine   Raphaële Green

Chasseur   Justin Hopkins

Premier esprit des bois   Annelies Van Gramberen

Second esprit des bois   Zofia Hanna

Troisième esprit des bois   Raphaële Green

Esprits des bois (danseuses)   Morgana Cappellari, Lara Fransen, Laurine Muccioli, Júlia Pagès

Nymphes des eaux (danseurs)   Joseph Kudra, Robbie Moore, Shane Urton, Lateef Williams

 

Opera Ballet Vlaanderen

Orchestre symphonique, dir. Giedrė Šlekytė

Mise en scène Alan Lucien Øyen


 

Ondine, le conte de Friedrich de la Motte-Fouqué (1811) a été plusieurs fois adapté à l’opéra, par E.T.A. Hoffmann, Albert Lortzing, Tchaïkovski, sans parler de la Rusalka de Dargomyjski avant le « conte lyrique » de Kvapil et Dvořák (1901). Il incorpore au récit de cette nixe que recueille un pécheur et qui épouse un chevalier pour obtenir une âme, des éléments empruntés à La Petite Sirène d’Andersen, notamment le personnage de la sorcière des mers, ici la  Ježibaba. C’est d’ailleurs le conte de la Motte-Fouqué, avec l’arrivée d’Ondine enfant dans la famille du pécheur en remplacement de leur fille morte, que rappelle la pantomime qui suit le lever de rideau sur les dernières mesures de l’ouverture, provoquant l’incompréhension du spectateur qui n’aura lu ni le conte ni son programme. Il ne comprendra pas non plus pourquoi l’enfant revient à l’acte III rendre à la  Ježibaba le poignard avec lequel Rusalka refuse de tuer le Prince volage pour retrouver sa nature de fée, se condamnant à devenir une mort-vivante.

 

La mise en scène de cette Rusalka est fondée sur le dédoublement des personnages principaux,  chantés et dansés, un procédé qui vise à renforcer « le profond onirisme de l’opéra. » En ce qui me concerne, j’ai été gêné par les mouvements exubérants des danseurs, qui occupent l’espace scénique au détriment des chanteurs, notamment à l’acte I, et le contraste entre l’expressivité des premiers, gestuelle et mimiques comprises, et le statisme des seconds, Rusalka en particulier. Certes, l’absence mortifère de communication entre le Prince et Rusalka, animus et anima, est le thème quasi jungien de cet opéra, et les danseurs mettent en gestes ce moi profond qu’ils sont incapables d’exprimer. Mais on se lasse de voir les chanteurs statiques regarder leurs doubles muets s’agiter devant eux, animés des passions que leur voix exprime. La confusion culmine lorsqu’un chanteur « dialogue » avec le double dansé de son partenaire : à l’acte II, le Prince fait une déclaration enflammée au double de Rusalka puis à la Princesse, qui n’a d’yeux que pour son double à lui. Certes, le thème de l’eau et du reflet justifierait ces doubles, mais Rusalka n’est ni un conte ni un opéra d’E.T.A Hoffmann, et l’amateur d’opéra n’est pas toujours un amateur de ballet. 

 

Le décor unique, un assemblage de deux éléments mobiles faits de hautes lames de bois clair ondulé qui s’emboitent et évoquent l’eau, le végétal ou la lumière de la lune à travers les feuilles, est assez gracieux, mais certains costumes, ceux des dryades en particuliers, sont laids. Le ballet des nixes devant leur mur d’eau évoque irrésistiblement le premier tableau de L’Or du Rhin de Wagner, et la difficulté de représenter ces créatures féériques. Malgré les mimiques d’effroi du Garde-Chasse et du Marmiton, la Ježibaba en robe de cocktail ne convainc pas toujours d’être la sorcière épouvantable attendue (y aurait-il un horrible jeu de mot entre sa fonction et sa robe ?), et pourquoi avoir fait de la Princesse, en demi battle-dress, une enjôleuse toute en affèteries ? Rusalka n’y gagne rien en charme.

Vocalement, on en souhaiterait plus à cette production qui ne met pas les chanteurs en valeur. Les trois grands rôles féminins sont pleinement assurés mais laissent un peu sur sa faim. Côté hommes, Goderdzi Janelidze apporte une grande dignité et tendresse au rôle de l’Ondin et Justin Hopkins est remarquable dans celui du Chasseur. Le Prince de Kyungho Kim est assez pâle de même que le Garde-Chasse de Daniel Arnaldos. Dommage, car entre le génie mélodique et la science de l’orchestration de Dvořák, qui nourrissent ses poèmes symphoniques, cette partition est superbe et fort bien défendue par son chef. 

 

Cartouche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

gallery/le docteur miracle 1 (c) michel slomka

© Christian Dresse

© Marc Ginot

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