Le compositeur                

Gioacchino Rossini (Pesaro, 1792 – Paris, 1868)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

inspecteur général du chant en France. Il compose plusieurs opéras pour la France (ou adapte d’anciens ouvrages italiens sur des livrets français) : Le Siège de Corinthe (1826) ;  Moïse et Pharaon (1827) ; Le Comte Ory (1828);  Guillaume Tell (1829). Après la Révolution de 1830, Rossini se détourne de l'opéra et ne composera plus que de la musique sacrée (le Stabat mater, dont la première version est créée en 1831 ; la Petite messe solennelle, 1863), des mélodies et quelques pages instrumentales. Il meurt à Paris,. Inhumé au Père Lachaise, son corps sera rapatrié en Italie quelques années plus tard et repose désormais à Florence (basilique Santa Croce).

 

 

Le librettiste

Cesare Sterbini (1784-1831)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La création – les différentes versions

C’est l’une des plus mouvementées de l’histoire de l’Opéra : l’œuvre, créée au Teatro di Torre Argentina à Rome  le 20 février 1816 (avec entre autres le grand Manuel Garcia, père de Maria Malibran et Pauline Viardot, en Almaviva) tomba, en raison d’une cabale mais aussi suite à une série d’incidents qui vinrent perturber la représentation : le costume couleur noisette porté par Rossini fut jugé ridicule, une corde de la guitare d’Almaviva se rompit pendant sa cavatine, un chat traversa la scène pendant la représentation, Basile fit une mauvaise chute et se blessa au nez,… Dès la deuxième représentation cependant, l’œuvre triomphait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’intrigue

Elle suit de très près celle de la pièce de Beaumarchais, créée à  la Comédie Française en 1775.

 

Acte I

À Séville. Le comte Almaviva est amoureux de Rosine, la pupille du docteur Bartholo. Il chante une sérénade sous les fenêtres de la jeune fille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrive le barbier Figaro, qui était autrefois domestique du Comte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Figaro, qui occupe aujourd'hui, entre autres nombreuses charges, celle de barbier de Bartholo, propose au Comte de l’aider à libérer Rosine de l’emprise de Bartholo, qui, souhaitant lui aussi l’épouser, la tient enfermée comme un oiseau en cage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Afin d’être sûr d’être aimé pour lui-même, le Comte cache à Rosine sa véritable identité et se fait passer pour un certain Lindor. Figaro conseille au Comte de se présenter le lendemain chez Bartholo, déguisé en soldat, muni d'un billet de logement, et de paraître à moitié ivre afin de ne pas éveiller la méfiance du docteur.

 

Rosine, de son côté, est amoureuse de Lindor et est bien décidée à échapper à son tuteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Basile, le maître de musique de Rosine, avertit Bartholo que le Comte Almaviva est à Séville. Il propose cependant de le neutraliser en le calomniant auprès de la population :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il convient en tout cas de hâter le mariage de Batholo et de sa pupille : Basile et Bartholo s’éloignent pour rédiger le contrat de mariage. Figaro en profite pour voir Rosine : il lui affirme que « Lindor » est amoureux d’elle et l’encourage à écrire un billet à son intention. Lequel billet est en fait prêt, Rosine en ayant déjà écrit un ! Mais lorsque Bartholo revient, il remarque qu’il manque une feuille dans le carnet de Rosine et que le doigt de la jeune fille est taché d’encre : quelles explications Rosine peut-elle lui apporter ? Devant les justifications plus ou moins crédibles données par sa pupille, il perd patience et lui conseille de ne pas tenter de le tromper !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrive alors Almaviva déguisé en soldat ivre. Malheureusement, Bartholo possède un certificat qui le dispense d’héberger les militaires. Le ton monde au point que la garde surgit, alarmée par le vacarme que font Bartholo, Basile, Almaviva, Figaro, Rosine et la domestique Berta. Almaviva, à deux doigts de se faire arrêter, révèle discrètement son identité à la garde : il échappe ainsi à l’arrestation qui le menaçait. L’acte se termine dans la confusion générale.

 

 

Acte II

Un certain Alonso (en fait, Almaviva, de nouveau déguisé), se présentant comme étant l'élève de Basile, demande à être reçu chez  Bartholo. Il vient donner à Rosine sa leçon de chant à la place de son maître, qu'il dit très malade. Mais Bartholo, échaudé par l’épisode du faux militaire, reste méfiant... Alonso/Almaviva présente alors à Bartholo le billet que Rosine a écrit au Comte et dont il est, dit-il, entré en possession par hasard. Il conseille à Bartholo d’utiliser ce billet contre Almaviva, en calomniant ce dernier auprès de Rosine : il suffira de faire croire à celle-ci que le Comte utilise ce billet comme un trophée pour se vanter de sa dernière conquête. Bartholo est alors persuadé que cet Alonso est bien l’élève de Basile, maître ès-calomnies !

 

Rosine refuse dans un premier temps de prendre sa leçon de musique, mais reconnaissant Lindor, elle change bien sûr d’avis. Les deux amants profitent de ce que Bartholo s’est endormi pendant la leçon pour échanger des mots d’amour. Quant à Figaro, venu faire la barbe de Batholo, il parvient à lui dérober la clé du balcon de Rosine. Mais catastrophe : apparaît Basile, censé être cloué au lit par la maladie ! Heureusement, une belle somme d’argent glissée dans sa main par le Comte le persuade de rentrer chez lui, sans chercher à comprendre pourquoi il est ainsi éconduit !

 

Cependant, Bartholo surprend des échanges un peu trop tendres entre Rosine et « Alonso » :  il met tout le monde à la porte, brandit devant Rosine le billet d’Almaviva et le calomnie, suivant ainsi le plan que le Comte lui avait lui-même suggéré. Rosine est désespérée et, de dépit, accepte d’épouser son tuteur.

 

Alors que Bartholo s’est retiré pour préparer la cérémonie, Figaro et le Comte pénètrent dans les appartement sde Rosine grâce à la clé volée par Figaro. « Lindor » révèle sa véritable identité à la jeune fille. Tous trois s’apprêtent à s’enfuir par l’échelle qui leur a permis d’accéder aux appartements, mais… cette échelle a été découverte et enlevée par Bartholo ! Basile et le notaire arrivent pour célébrer le mariage avec le contrat que les époux doivent signer. Ce seront finalement Rosine et le Comte qui signeront le contrat, Basile, moyennant toujours une belle somme d’argent, leur servant de témoin. Lorsque Bartholo arrive, le mariage est déjà célébré. Il proteste, mais le Comte lui conseille de se calmer et de ne pas susciter sa colère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bartholo  reconnaît que toutes les précautions qu’il a prises pour retenir Rosine auprès de lui se sont avérées inutiles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La musique

Elle est absolument irrésistible de verve, d’entrain, de légèreté et d’efficacité dramatique. Toujours plus ou moins emprunte de classicisme (Mozart, parfois, n’est pas si loin, Cimarosa non plus bien sûr), elle fait alterner recitativi secchi et pezzi chiusi : airs, duos, trios, ou  ensembles. Cependant, elle possède déjà, également, certaines formes ou couleurs typiques du bel canto tel qu’il se développera pendant les premières décennies du XIXe siècle : tendresse et suavité de certaines mélodies (les deux sérénades du Comte : « Ecco ridente in cielo » et « Se il mio nome saper voi bramate »), cabalettes avec da capo comportant une ornementation (écrite ou laissée ad libitum) : « Io sono docile » de Rosine, « Ah, il piu' lieto, il piu' felice » d’Almaviva.)

 

L’œuvre comporte plusieurs pages parmi les plus célèbres de tout le répertoire d’opéra :

 

L’ouverture - déjà utilisée par Rossini pour Aureliano in Palmira (1813) et Elisabetta, regina d'Inghilterra (1815)

L’air d’Almaviva : « Ecco ridente in cielo »

La cavatine de Figaro  « Largo al factotum » 

La cavatine de Rosine « Una voce poco fa » 

L'air de Basile : « La calunnia è une venticello »

L’air de Bartholo : « A un dottore della mia sorte »

Le finale du premier acte : « Mi par d’esser con la testa »

Le dernier air du Comte : « Cessa di più resistere », qui deviendra quelques années plus tard le rondeau final de Cenerentola.

 

Pour voir et écouter l’œuvre

CD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DVD

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      La production de l'Opéra de Montpellier (30 septembre, 2 et 4 octobre 2020)

       

      Le metteur en scène

       

      RAFAEL R. VILLALOBOS

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      Rafael Rodríguez Villalobos est né à Séville. Il suit des études musicales au Conservatoire Cristóbal de Morales de Séville, où il se forme au chant et à l'harmonie. Diplômé de l'École royale d'art dramatique de Madrid, il obtient également un master  d’études musicales de l'Université de Barcelone et de l'Escuela Superior de Música de Cataluña.

      En 2013, il remporte le 7e prix européen de mise en scène d'opéra , le plus jeune à ce jour, et est invité à mettre en scène Noye's Fludd de Benjamin Britten à Wiesbaden à l'occasion du centenaire du compositeur anglais.

      Il a déjà monté des œuvres telles que Didon et Énée, Elektra, Superflumina (S. Sciarrino) sur diverses scènes européennes. En 2016, il est nominé pour les International Opera Awards dans la catégorie du meilleur jeune metteur en scène, en raison de sa carrière précoce.

       

       

      Le chef

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      Les chanteurs

       

       

       

      PAOLO BORDOGNA, baryton (Figaro)

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      PHILIPPE TALBOT, ténor (Almaviva)

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      JACQUES GREG BELOBO, basse (Basilio)

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      RAY CHENEZ, contre-ténor (Berta)

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      ADELE CHARVET

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      Dossier réalisé par Stéphane Lelièvre

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      Rossini reçoit sa formation musicale à Bologne. Après quelques succès dans le genre bouffe (La Scala di seta, 1812 ; La Pietra del paragone, 1812 ; Il Signor Bruschino, 1813), il rencontre un véritable triomphe avec Tancrède, représenté à Venise en février 1813.  Cet opera seria ainsi que le dramma buffo Le Barbier de Séville, pourtant accueilli plus que froidement à sa création (Rome, 1816) feront de lui le compositeur italien le plus célèbre de son temps. Il continuera, au cours de sa carrière, de faire alterner des œuvres bouffes ou semiserie (L’Italienne à Alger, 1813 ; Le Turc en Italie, 1814 ; La Gazza ladra, 1817 ; La Cenerentola, 1817) avec (surtout) des ouvrages sérieux (Otello, 1816 ; Mosè in Egitto, 1818 ; Ermione, 1819 ; La Donna del lago, 1819 ; Semiramide, 1823). Il voyage à Vienne (où il rencontre Beethoven), à Londres puis à Paris où il est nommé directeur du Théâtre-Italien, compositeur du roi – il compose Le Voyage à Reims (1825) à l’occasion du sacre de Charles X – et

      Cesare Sterbini est un écrivain et un librettiste italien. Très cultivé (il avait de solides bases de philosophie, de linguistique, et maîtrisait plusieurs langues anciennes et vivantes), il est resté célèbre pour avoir rédigé les livrets de deux ouvrages de Rossini : Torvaldo e Dorliska (1815) et Le Barbier de Séville (1815).

      Rome, Le Teatro  Argentina

      Manuel Garcia dans le rôle d'Otello

      "Ecco ridente in cielo", par Alfredo Kraus 

      "Largo al factotum " par Hermann Prey

      "Una voce poco fa" par Maria Callas

      Air de la Calomnie, par Paolo Montarsolo

      "A un dottore della mia sorte", par Carlos Chausson

      Finale de l'Acte I (Jennifer Larmore, David Malis, Simone Alaimo, Renato Capecchi, dir. Alberto Zedda)

      "Cessa di più resistere" par Juan Diego Florez

      Le Comte, vivement.

       Il n’y a pas un moment à perdre ; il faut m’en faire aimer, et l’arracher à l’indigne engagement qu’on lui destine. Tu connais donc ce tuteur ?

       

      Figaro.

      Comme ma mère.

       

      Le Comte.

      Quel homme est-ce ?

       

      Figaro, vivement.

      C’est un beau gros, court, jeune vieillard, gris-pommelé, rusé, rasé, blasé, qui guette, et furète, et gronde, et geint tout à la fois.

       

      Le Comte, impatienté.

      Eh ! je l’ai vu. Son caractère ?

       

      Figaro.

      Brutal, avare, amoureux et jaloux à l’excès de sa pupille, qui le hait à la mort.

       

      Le Comte.

      Ainsi ses moyens de plaire sont…

       

      Figaro.

      Nuls.

       

      Le Comte.

      Tant mieux. Sa probité ?

       

      Figaro.

      Tout juste autant qu’il en faut pour n’être point pendu.

       

      Le Comte.

      Tant mieux. Punir un fripon en se rendant heureux…

       

      Figaro.

      C’est faire à la fois le bien public et particulier : chef-d’œuvre de morale, en vérité, monseigneur.

       

      Le Comte.

      Tu dis que la crainte des galants lui fait fermer sa porte ?

       

      Figaro.

      À tout le monde : s’il pouvait la calfeutrer…

       

      Le Comte.

      Ah ! diable, tant pis. Aurais-tu de l’accès chez lui ?

       

      Figaro.

      Si j’en ai ! Primo, la maison que j’occupe appartient au docteur, qui m’y loge gratis.

       

      Le Comte.

      Ah ! ah !

       

      Figaro.

      Oui. Et moi, en reconnaissance, je lui promets dix pistoles d’or par an, gratis aussi.

       

      Le Comte, impatienté.

      Tu es son locataire ?

       

      Figaro.

      De plus son barbier, son chirurgien, son apothicaire ; il ne se donne pas dans sa maison un coup de rasoir, de lancette ou de piston, qui ne soit de la main de votre serviteur.

       

      Le Comte l’embrasse.

      Ah ! Figaro, mon ami, tu seras mon ange, mon libérateur, mon dieu tutélaire.

       

      Figaro.

      Peste ! comme l’utilité vous a bientôt rapproché les distances ! Parlez-moi des gens passionnés !

       Beaumarchais, Le Barbier de Séville, Acte I Scène 4

      Basile.

      La calomnie, monsieur ! vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens près d’en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse !… D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et, rinforzando de bouche en bouche, il va le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil. Elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?

       Beaumarchais, Le Barbier de Séville, Acte I Scène 8

      Bartholo.

      Je voudrais bien savoir ce que ce barbier avait de si pressé à vous dire ?

       

      Rosine.

      Faut-il parler sérieusement ? Il m’a rendu compte de l’état de Marceline, qui même n’est pas trop bien, à ce qu’il dit.

       

      Bartholo.

      Vous rendre compte ! Je vais parier qu’il était chargé de vous remettre quelque lettre.

       

      Rosine.

      Et de qui, s’il vous plaît ?

       

      Bartholo.

      Oh ! de qui ? De quelqu’un que les femmes ne nomment jamais. Que sais-je, moi ? Peut-être la réponse au papier de la fenêtre.

       

      Rosine, à part.

      Il n’en a pas manqué une seule. (Haut.) Vous mériteriez bien que cela fût.

       

      Bartholo, regarde les mains de Rosine.

      Cela est. Vous avez écrit.

       

      Rosine, avec embarras.

      Il serait assez plaisant que vous eussiez le projet de m’en faire convenir.

       

      Bartholo, lui prenant la main droite.

      Moi ! point du tout ; mais votre doigt encore taché d’encre ! Hein, rusée signora !

       

      Rosine, à part.

      Maudit homme !

       

      Bartholo, lui tenant toujours la main.

      Une femme se croit bien en sûreté, parce qu’elle est seule.

       

      Rosine.

      Ah ! sans doute… La belle preuve !… Finissez donc, monsieur, vous me tordez le bras. Je me suis brûlée en chiffonnant autour de cette bougie ; et l’on m’a toujours dit qu’il fallait aussitôt tremper dans l’encre ; c’est ce que j’ai fait.

       

      Bartholo.

      C’est ce que vous avez fait ? Voyons donc si un second témoin confirmera la déposition du premier. C’est ce cahier de papier où je suis certain qu’il y avait six feuilles ; car je les compte tous les matins, aujourd’hui encore.

       

      Rosine, à part.

      Oh ! imbécile !…

       

      Bartholo, comptant.

      Trois, quatre, cinq…

       

      Rosine.

      La sixième…

       

      Bartholo.

      Je vois bien qu’elle n’y est pas, la sixième.

       

      Rosine, baissant les yeux.

      La sixième, je l’ai employée à faire un cornet pour des bonbons que j’ai envoyés à la petite Figaro.

       

      Bartholo.

      À la petite Figaro ? Et la plume qui était toute neuve, comment est-elle devenue noire ? Est-ce en écrivant l’adresse de la petite Figaro ?

       

      Rosine, à part.

      Cet homme a un instinct de jalousie !… (Haut.) Elle m’a servi à retracer une fleur effacée sur la veste que je vous brode au tambour.

       

      Bartholo.

      Que cela est édifiant ! Pour qu’on vous crût, mon enfant, il faudrait ne pas rougir en déguisant coup sur coup la vérité ; mais c’est ce que vous ne savez pas encore.

       

       Beaumarchais, Le Barbier de Séville, Acte I Scène 11

      Bartholo, se désolant.

      Et moi qui leur ai enlevé l’échelle, pour que le mariage fût plus sûr ! Ah ! je me suis perdu faute de soins.

       

      Figaro.

      Faute de sens. Mais soyons vrais, docteur : quand la jeunesse et l’amour sont d’accord pour tromper un vieillard, tout ce qu’il fait pour l’empêcher peut bien s’appeler à bon droit la Précaution inutile.

      Beaumarchais, Le Barbier de Séville, Acte II, scène 8

      Pietro Spagnoli, Joyce DiDonato, Juan Diego Florez, Alessandro Corbelli,

      Ferruccio Furlanetto. Royal Opera Chorus, orchestra of the Royal Opera House, dir. Antonio Pappano, mise en scène Moshe Leiseret Patrice Caurier. Virgin Classics

      (enr. 2009)

      Tito Gobbi, Maria Callas, Luigi Alva, Fritz Ollendorff, Nicola Zaccaria. 

      Philharmonia Orchestra and Chorus, dir. Alceo Galliera. Warner Classics (enr. 1957)

      Hermann Prey, Teresa Berganza, Luigi Alva, Enzo Dara,

      Paolo Montarsolo. London Symphony Orchestra, The Ambrosian Opera Chorus, dir. Claudio Abbado. DG (enr. 1972)

      Thomas Allen, Agnes Baltsa, Francisco Araiza, Domenico Trimarchi,

      Robert Lloyd. Academy of St Martin-in-the Fields, Ambrosian Opera Chorus,

      dir. Neville Marriner. Philipps (enr. 1982)

      Nathan Gunn, Elina Garanca, Lawrence Brownlee, Bruno de Simone, Roberto Accurso. Chor des Bayerischen Rundfunks, Münchner Rundfunkorchester,

      dir.  Miguel Gomez-Martinez. (enr. 2005)

      Hermann Prey, Teresa Berganza, Luigi Alva, Enzo Dara, Paolo Montarsolo.

      London Orchestra et choeurs de la Scala, dir. Claudio Abbado, mise en scène

      Jean-Pierre Ponnelle. DG (enr. 1972)

      Gino Quilico, Cecilia Bartoli, David Kuebler, Carlos Feller, Robert Lloyd. 

      Choir of the Cologne City Opera Stuttgart, Radio Symphony Orchestra, dir. Gabriele Ferro, mise en scène Michael Hampe. Arthaus Musik (enr. 1988)

      Manuel Lanza, Vesselina Kasarova, Reinaldo Macias, Carlos Chausson, Nicolai Ghiaurov.  Orchester & Chor Opernhaus Zurich, dir. Nello Santi, mise en scène  Grischa Asagaroff. EuroArts Music International (enr. 2001)

      MICHAEL SCHONWANDT

      Depuis septembre 2015,  le chef d’orchestre danois Michael Schønwandt est le chef principal de l’Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie. Avant d’occuper ces fonctions, il avait, entre autres, été Directeur musical de l’Opéra Royal de Copenhague et de l’Orchestre Royal du Danemark (2000-2011), premier chef invité de La Monnaie à Bruxelles et chef principal invité de l’Orchestre Royal des Flandres. Il s’est produit sur de nombreux scènes  prestigieuses (Covent Garden de Londres, Monnaie de Bruxelles, Opéra de Vienne, Opéra de Paris, Teatro Real de Madrid,…) dans un répertoire particulièrement éclectique, couvrant des œuvres de Mozart, Penderecki, Beethoven, Strauss, Verdi, Puccini, Janacek, Debussy Berlioz, Wagner,… Ses responsabilités à Montpellier ne l’empêchent pas de poursuivre une carrière internationale, puisqu’il est attendu prochainement à Vienne, Copenhague, Bruxelles ou Bamberg.

      Grand connaisseur de Rossini (il a étudié avec Alberto Zedda à l’Académie rossinienne de Pesaro et est régulièrement invité au festival de Pesaro) et en particulier du Barbier de Séville (il a chanté Bartolo à l’Opéra de Paris), Paolo Bordogna chante essentiellement le répertoire italien belcantiste  (L’Elixir d’amour, Don Pasquale, Le Voyage à Reims, La Cenerentola,…) et le répertoire mozartien (Cosi fan tutte, Don Giovanni,…). Il s’est déjà produit sur les principales scènes d'Europe ainsi qu’à Sydney, Beijing ou Moscou. En 2020/2021, il chantera notamment La Fille du Régiment à Bergame, Le Barbier de Séville à Zürich ou encore Le Turc en Italie à Naples.

      Prix du Meilleur Espoir Ténor au Concours Pavarotti de Modène en 2008, Philippe Talbot est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs interprètes français du répertoire rossinien (Almaviva, le Comte Ory, Ramiro, Lindoro dans L’Italienne à Alger) ainsi que du répertoire français (Bénédict dans Béatrice et Bénédict, Gérald dans Lakmé, Nadir dans Les Pêcheurs de perles,…). Il s’est déjà produit à l’Opéra-Comique, à l’Opéra national de Paris, à l’Opéra Royal de Versailles, à Naples, à la Deutsche Oper de Berlin, au New York City Opera, à Vienne ou encore à Berlin). Au cours de la saison 2020-2021, il doit notamment chanter L’Italienne à Alger à Marseille et Le Domino noir à Lausanne.

      L'Italienne à Alger, "Languir per una bella..."

      D’origine camerounaise, la basse Jacques Greg Belobo  a déjà chanté sous la direction de Zubin Mehta, James Levine, Myung-Whun Chung ou Marc Soustrot. Son répertire comprend des rôles mozartiens (Sarastro, Die Zauberflöte), verdien (le Roi, Aida,; le Grand pêtre, Nabucco),), pucciniens (Colline, La Bohème) ou mozartiens (Leporello et le commandeur, Don Giovanni). Nous le retrouverons en février prochain dans le Samson et Dalila proposé par l’Opéra d’Avignon.

      Gounod, Faust (Le Veau d'or)

       

      Le contre-ténor américain Ray Chenez interprète aussi bien des rôles féminins (Irina dans Three Sisters de P. Eötvos, Witch of Endor dans Saul de Häendel, Marzia dans Catone in Utica de Vinci) que masculins (Oreste de Haendel, Siface dans Mitridate de Porpora, Nerone dans L’Incoronazione di Poppea de Monteverdi, Cherubino dans Le nozze di Figaro,…)

      Parmi ses derniers succès, citons l’Ange dans Le Démon d’A. Rubinstein, et le Page dans Ercole amante de Cavalli à l’Opéra-Comique.

      Adèle Charvet, enfant, pratique le chant dans la Maîtrise de Radio France. Ayant suivi les classes de chant d'Yves Sotin et d'Élène Golgevit au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, elle commence une carrière de mezzo-soprano prometteuse, et attire notamment l’attention du public et de la critique en remplaçant au pied levé, en octobre 2019, un contre-ténor qui chantait la partie d’alto dans Le Messie de Händel à l'auditorium de Radio France et qui, souffrant, a dû déclarer forfait à l’entracte. Le temps pour Adèle (qui assistait au concert en tant que spectatrice) de jeter un œil à cette partition qu’elle n’avait jamais chantée, et… la voilà sur scène, avec à la clé un triomphe mémorable. Elle a depuis remporté de grands succès, notamment en Asanio de Benvenuto Cellini sous la direction de John Eliot Gardiner, Mercutio dans le Roméo et Juliette de Gounod à Bordeaux, Hermione (Cadmus et Hermione) à Versailles, et chantera sa première Carmen à l’Opéra de Bordeaux en juin prochain.

      Haendel, Serse ("Crude Furie")

      © DR

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      Montpellier, Opéra, Opéra Berlioz/le Corum, du 30 septembre au 04 octobre 2020

       

       

      Dès le 30 septembre, l'Opéra national de Montpellier présente une nouvelle production du chef-d'oeuvre de Rossini dans une mise en scène qui s'annonce quelque peu déjantée : réglée par un jeune metteur en scène espagnol (Rafael R. Villalobos) dont les récentes productions ont déjà fait l'objet de plsuieurs récompenses, elle fera de Berta le pivot de l'intrigue, la domestique de Bartolo étant pour l'occasion interprétée par... un contre-ténor ! Ambiance Movida en vue...

       

      Retrouvez ci-dessous ce qu'il faut savoir sur l'oeuvre, ses auteurs, la pièce de Beaumarchais qui l'a inspirée, les versions audio et vidéo à connaître ; et découvrez les artistes de la production montpelliéraine !

      Rossini, Le Barbier de Séville (1816)